
Il n’y a jamais eu de race humaine qui ne croyait pas à une sorte de vie future, qu’elle soit sur le superbe terrain de chasse des Amérindiens ou dans la demeure aux mille délices des musulmans. Comment l’expliquer ? Bien avant que des preuves de cette croyance universelle ne soient rassemblées, Cicéron a dit : « En tout, le consensus de toutes les nations doit être considéré comme la loi de la nature, et y résister, c’est résister à la voix de Dieu. » La nuit où meurt Socrate, Criton lui demande : « De quelle manière veux-tu être enterré ? Il répond : « De la manière que tu voudras, toi seul dois me comprendre et prendre garde que je ne m’éloigne de toi. » Dans son Phédon, Platon a présenté des arguments puissants en faveur de l’immortalité. D’autres ont également abondé en ce sens : de grands penseurs comme Carlyle, Jefferson et le poète allemand Heinrich Heine. Le poème le plus célèbre de Tennyson est le suivant : « Pour que de notre temps et de l’endroit, le déluge puisse me porter loin, j’espère voir mon capitaine face à face quand j’aurai franchi la barre. » Et Byron écrit : « Je sens mon immortalité balayer toutes les douleurs, toutes les larmes, toutes les peurs et sonner, comme les tonnerres éternels des profondeurs, dans mes oreilles cette vérité : tu vis pour toujours ! » Ces grands esprits partageaient la conviction du Psalmiste : « Pour moi, avec justice, je verrai ta face ; dès le réveil, je me rassasierai de ton image ». À la réflexion, « bonne nuit » ici signifie simplement « bonjour » là-bas.